JNUR

2003-2013, Infographie.

La commune de Jnur est une ville archétypale des cités européennes. Dessinée le long et autour de son fleuve, elle se développe au gré des histoires de ses habitants imaginaires.

Jnur dans sa préhistoire était un plan de métro, un dessin de sous-terrain, à l'instar de la carte géologique. En voulant établir une correspondance en surface, Jnur sortit de terre. Enfin déterrée, il fallait à Jnur une Nation, une identité, une apparence. Elle devint Michelin (ou Micheline), plus précisément "Micheline de l'ethnie des plans de ville au 10000ème", à laquelle elle emprunte l'esthétique.
À partir de là, le cartographe qui s'auto-proclama Majorpole, décida autoritairement et narrativement du destin de chaque tracé. Son outil infographique lui permit d'effectuer des modifications sans qu'aucun ne décèle les changements. Le dessin vectoriel ne laisse pas de traces d'effaçage comme la gomme sur le papier. Mais le majorpole déçu de ce que son travail passe justement trop inaperçu, se fit un délice d'y laisser des indices.
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Mais Jnur est nue, nue de nom. Sans toponymie, sans nom de rue, pas d'histoire. C'est par ce constat que Jnur s'appelle ainsi. Jnur est l'acronyme de "Je Nomme Une Rue". Jnur est mue par un destin d'ouverture au monde. On dit que bientôt Jnur accostera sur les rives interactives, où des badauds pourront y faire don de noms, des dons odonymiques, en échange de quoi ils habiteront Jnur pour l'éternité.