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Parcelles cadastrales et plan de définitions des espaces

Vue aérienne de séréguof

sereguof

2013, encre de chine sur plan cadastral
de Fougères, 28 x 35 cm

Cette carte est écrite sur un plan cadastral de la ville de Fougères datant de 1960.
Serèguof est une ville inversée :
Le principe d’écriture est basé sur l’inversement des espaces couverts (bâtis) et des espaces ouverts (Voies de circulation, places, jardins...) inscrits sur le plan initial. Les murs de l’ancienne ville ont été conservés et ont servis à reconstruire Serèguof. Les places, rues et jardins sont devenus des espaces couverts alors que les anciennes constructions se sont ouvertes sur le ciel.
La circulation dans Serèguof est un problème majeur, puisque que l’inversion du couvert et de l’ouvert a créé un phénomène de cour intérieure close. Pour améliorer cela, des passages ont été aménagés entre certains espaces ouverts, traversant les bâtiments.
Ces passages laissent encore apercevoir des restes de carrelage et de parquet, et, de la même manière, aux rez-de-chaussée de certaines habitations, nous pouvons avoir la surprise de découvrir, sous un tapis, un authentique sol en bitume.



Depuis sa fenêtre, Regor observe l’immeuble d’en face. Le papier-peint de cette façade est de plus en plus abîmé par le temps. C’est dommage se dit-il, pourquoi les fonctionnaires ne décident-ils pas d’entretenir durablement ce patrimoine si fragile ?
(...)
Dans la rue, il y a encore beaucoup de monde aujourd’hui. Les passants bigarrés s’affairent, comprimés les uns aux autres. Les rues de Serèguof sont bien trop étroites. Régor attend son amie Einalem. Elle lui a proposé d’aller se promener au bord de la Riveraille. Quelle folie de proposer cela un jour de marché. Il la voit qui se démène pour arriver au bas de sa fenêtre.
« Bon alors tu viens ou bien ?
_Je ne sais pas, y'a trop de gens, trop de bruit, j’suis fatigué.
_Non mais, je ne viens pas de temple Eniotna pour des pommes! Descends tout de suite! On va prendre l’air ! »
Regor acquiesce boudeusement. Il met sa veste, descend les escaliers, passe la porte de son immeuble et est immédiatement happé par la foule.
« Et bien, nous ne sommes pas arrivé ! » lâche-il à Einalem en guise de bonjour.
Vexé d’avoir été si facilement convaincu, Regor relève le col de sa veste, enfonce sa tête dans ses épaules et annonce d’un air décidé : « Viens, suis-moi, je vais te montrer une traboule personnelle ! »

Albert Cemuyn - Roman Serèguovite, 2012